Par métier
Assurance drone pour l'audiovisuel
Un tournage se vole bas, et c'est pourtant là que les plafonds de responsabilité civile grimpent le plus. La raison tient à qui se trouve autour du périmètre : une zone au sol contrôlée, des personnes non impliquées à quelques mètres, c'est la définition du scénario standard STS-01.
Relevé de mission type. Les valeurs décrivent une configuration courante, pas la vôtre.
Vingt-cinq mètres d’altitude, et le plafond de responsabilité civile le plus élevé que nous plaçons. L’apparente contradiction se dissipe dès qu’on regarde qui se trouve autour du périmètre.
Voler bas au-dessus de gens
Un tournage se fait au ras du sujet, dans un périmètre que vous contrôlez, avec des tiers non impliqués juste derrière la barrière. C’est exactement la configuration décrite par le scénario standard STS-01 : vol en vue directe au-dessus d’une zone au sol contrôlée, en environnement peuplé.
L’énergie cinétique d’une chute de 25 mètres suffit à blesser gravement. La proximité est le facteur de risque, pas la hauteur.
Les obligations du scénario standard
STS-01 suppose un appareil de classe C5, une déclaration d’exploitation auprès de la Direction générale Transport aérien, et le régime européen d’assurance sans seuil de poids.
Il suppose aussi une zone au sol contrôlée réellement tenue. Un périmètre matérialisé par de la rubalise qu’un passant enjambe n’est pas une zone contrôlée, et l’assureur ne manquera pas de le relever le jour où vous déclarez.
Les postes à passer en revue avant un tournage
Le plafond de responsabilité civile, à discuter avant tout le reste sur ce métier.
La couverture de la perte du matériel visuel. Une carte mémoire détruite dans un crash coûte quelques dizaines d’euros, les rushes d’une journée de tournage coûtent bien davantage. Cette perte se traite à part, en extension, et toutes les compagnies ne la proposent pas.
La territorialité, si vous tournez hors de Belgique. Une couverture annoncée comme mondiale laisse presque toujours le risque de guerre et de terrorisme au territoire d’origine.
Un plateau qui vaut le prix d’une voiture
C’est ici que les valeurs grimpent. Cellule lourde, nacelle stabilisée, caméra, jeu d’optiques, récepteurs de retour vidéo, moniteurs de contrôle : l’ensemble dépasse souvent le prix d’une voiture, et il voyage entièrement sur le plateau.
Deux subtilités propres à ce métier. Le matériel loué à une société de production doit être signalé, parce qu’il ne vous appartient pas et que le contrat de location vous en rend responsable. Et les rushes eux-mêmes, c’est-à-dire les données enregistrées, relèvent d’une garantie distincte de celle qui couvre le support physique.
L’attestation réclamée par la production
Aucune production sérieuse ne laisse voler sans attestation, et le document est souvent demandé avant même la signature du devis. La régie vérifie le capital de responsabilité civile, la validité des dates et parfois la mention explicite du tournage aérien.
Les productions étrangères qui tournent en Belgique ajoutent fréquemment leurs propres exigences, notamment un capital plus élevé et une extension territoriale. Ces demandes arrivent tard, à quelques jours du tournage, et une police souscrite dans l’urgence coûte plus cher qu’une police anticipée.
Pourquoi le plafond de responsabilité civile passe devant
Le plafond de responsabilité civile passe devant tout le reste, parce que la présence de tiers autour du périmètre le rend structurellement plus élevé qu’ailleurs. La valeur du matériel embarqué vient ensuite, puis la question territoriale si vous tournez hors de Belgique.
Le régime d’exploitation entre également en jeu : un tournage mené sous scénario standard avec zone au sol contrôlée ne se tarife pas comme une prise de vue en rase campagne.
Pour aller plus loin : le scénario standard STS-01 et la catégorie spécifique, et la territorialité des contrats.
Page vérifiée le 9 septembre 2026. Elle décrit une configuration de mission courante et ne constitue pas un avis juridique.